Le carnet
des mots & des histoires

Le temps qu'il faut

le 25 décembre 2018
publié dans Humeurs

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J’ai fait un rêve il y a longtemps. J’étais sur un chemin au milieu de nulle part et j’étais prise en voiture par un groupe de personnes. On remontait une route un peu étroite pour aller se garer sur un petit parking. Arrivés là, on se séparait et je traversais le parking pour rejoindre la route. Devant moi, la route partait au loin et tout au bout, des montagnes immenses qui se confondaient avec le ciel. Du bleu, du vert, comme un tableau. J’étais là, seule désormais, une petite valise à la main et je prenais la route sans bien savoir comment j’arriverais au bout du chemin, si j’y arriverais, si j’atteindrais les montagnes qui me paraissaient si loin, presque irréelles, et si j’arriverais de l’autre côté. Je ne savais pas pourquoi mais je savais que c’était le seul chemin possible et que je devais y aller.

J’ai fait ce rêve au début de mes études. Quelques années plus tard, j’ai pris cette photo. C’était en Août 2017 dans un petit village de montagne en Suisse où j’étais venue passer quelques jours pour travailler sur mon mémoire de fin d’études. Ce fut un long chemin avant la soutenance, l’année d’après. Quelques semaines après être passé devant le jury en juin dernier, je recevais dans ma boîte mail l’attestation de fin d’études en attendant de recevoir le diplôme officiel cet automne. Mon cursus de cinq années de cours à temps partiel venait de s’achever. Là aussi, la route fut longue.

Parfois il faut du temps, beaucoup de temps pour atteindre le bout du chemin. Il faut supporter l’impatience, avancer dans l’incertitude, persévérer et continuer d’avancer même si on pense, surtout si on pense, qu’on n’y arrivera jamais. Certains chemins sont plus longs et escarpés que d’autres mais on n’a pas le choix. Parfois, on doit prendre une route difficile parce que c’est la seule qui se présente à nous. Mais une fois arrivé, il y a alors cette chose inestimable qu’on ne soupçonnait pas un instant au commencement. C’est cette drôle de joie, cette drôle de fierté, pas seulement parce qu’on a réussi, mais parce qu’on a su se relever à chaque fois qu’on est tombé et qu’on a tenu bon.

2018 m’a offert ça, cette drôle de fierté au bout du chemin, et aussi une compréhension nouvelle de la valeur du temps, pas seulement avec la fin de mon parcours d’études, mais sur bien d’autres plans. Il faut du temps pour construire, ce n’est pas parce que ça prend du temps que ça ne marchera pas, alors la patience, la confiance, voilà ce que 2018 m’a permis de saisir. Ce fut une année de montagnes russes émotionnelles, pas toute simple, mais quelle année. Une sacrée foutue belle année.

Je vous souhaite un Noël lumineux, et à bientôt.